Semences certifiées d’ail – l’état des faits au Québec

SEMENCES CERTIFIES D'AIL

Ce texte s’adresse aux producteurs d’ail.

Depuis plusieurs années, on observe, chez les producteurs d’ail du Québec, une volonté d’avoir accès à des semences saines et de qualité.

Comme c’est le temps de réserver vos semences pour l’automne prochain, nous voudrions vous donner l’heure juste concernant l’état du développement des semences dites saines ou certifiées au Québec.

En ce moment, au Québec, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) confirme qu’il n’existe aucune façon de s’assurer que vos semences sont exemptes à 100% de maladies bactériennes, fongiques, virales ou parasitaires (nématodes, teignes) (1).

Ce que vous devez savoir avant d’acheter des semences

1) La certification biologique

La certification biologique (que Le Petit Mas possède) est une certification de production. Elle répond à des normes environnementales élevées tout au long du processus de production avant, pendant et après la récolte.

Par contre, la certification biologique ne certifie pas l’absence de maladie dans les semences d’ail. En savoir plus sur la certification biologique (lien vers article)

La certification biologique a pour avantage de garantir les normes environnementales dans lesquelles l’ail a été produit. Comme, pour l’instant, l’achat de semences provenant d’autres producteurs d’ail est la façon la plus rapide d’obtenir un haut volume de production, autant opter pour de l’ail biologique.

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2) Les analyses phytosanitaires

Le MAPAQ propose aux vendeurs de semences de fournir un certificat d’analyse du Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ qui confirme l’absence de nématodes et de maladies dans l’ail. Selon le MAPAQ, ce certificat d’analyse ne garantit pas à 100 % que l’ensemble du lot acheté est exempt de nématodes et de maladies (1).

Pourquoi le test n’est-il pas fiable à 100%? Supposons qu’un producteur ait une plantation de 5000 plants d’ail. En vue de fournir un certificat à son client, il envoie un échantillon contenant une dizaine de bulbes au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ. Il est probable que cet échantillon soit sain et revienne avec la mention « aucune maladie, virus ou nématode détectés ». Est-ce que l’envoi d’un seul échantillon d’ail sur 5000 plants permet de certifier l’ensemble de la production ? La réponse est non, car l’échantillon n’est pas statistiquement représentatif du reste de la production (2) (3).

3) Les semences importées

En France, il existe un système de production d’ail certifié. Cependant, il faut noter que la certification autorise jusqu’à 1% de plants contaminés pour les maladies virales de type mosaïque et pour la pourriture blanche (4). Donc, même l’ail certifié de la France n’est pas exempt à 100% de virus ou de pourriture blanche. Si vous choisissez d’utiliser des semences française, notez que le MAPAQ recommande également de NE PAS REPLANTER l’ail d’une année à l’autre (5), il faut donc acheter de nouvelles semences chaque fois. Aussi, différentes études sont en cours au MAPAQ pour connaître le rendement des semences importées de France en sol québécois (poids, taux de levée, calibre, etc.) (8).

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4) L’utilisation des bulbilles

Des entreprises et des producteurs vendent des bulbilles (graines d’ail) (6). Les études scientifiques démontrent que ce système de production a l’avantage de réduire considérablement le taux de nématodes dans les champs (1). Par contre, cette méthode a aussi des inconvénients : il faut que le sol soit exempt de nématodes à la base, la production d’un bulbe d’une taille intéressante prend 2 à 3 ans et, pour l’instant, il n’y a pas de grand volume d’approvisionnement possible (8).

5) Le traitement des semences à l’eau chaude

Selon une étude menée par le MAPAQ, le traitement à l’eau chaude est efficace pour réduire significativement le nombre de nématodes sur les semences. Par contre, il entraîne une diminution significative du rendement en bulbes commercialisables l’année suivante. Le MAPAQ ne recommande pas le traitement à l’eau chaude comme mesure préventive contre les nématodes. (7)

Le risque zéro n’existe pas! Que faire ?

Ne pas planter d’ail !

La solution la plus simple est de ne pas planter d’ail. On s’assure ainsi de ne jamais avoir de problèmes !

Exercer la prévention et les bonnes techniques au champ 

Sans blague, pour le moment, voici quelques comportements à adopter afin de réduire les risques de maladies et d’augmenter votre productivité au champ!

1- Pour les jardiniers amateurs

Vous avez un petit jardin?  Choisissez vos semences chez un producteur d’ail d’expérience. L’ail doit être vigoureux et avoir une apparence saine. Ne vous en faites pas outre mesure, vous aurez certainement de bons résultats.

2- Analyser votre sol et vos semences

Selon le MAPAQ (8), 70% des producteurs d’ail ne font pas analyser leur sol et leur ail. Afin d’identifier les causes des pertes au champ, il est primordial de faire analyser votre sol et vos plants d’ail! Les maladies ne sont pas les seules responsables des pertes.La météo, l’humidité, la fertilisation et ainsi de suite entrent aussi en ligne de compte. L’analyse de votre production vous aidera à traiter votre ail ou votre sol ou à améliorer vos pratiques culturales de la bonne façon! Par exemple, il est inutile de traiter vos semences ou votre ail si les taches qu’il porte résulte d’une blessure mécanique. Par contre, selon vos objectifs de commercialisation, ce serait une bonne idée que de modifier vos pratiques culturales pour réduire le nombre de blessures!

Actualisez vos connaissances sur la culture de l’ail

Les semences sont UN aspect de la culture d’ail, mais il y en a TANT d’autres! Devenez membre de l’Association Ail Québec et participez aux nombreuses activités offertes par l’association (8).

Adoptez de bonnes pratiques culturales

L’irrigation, la fertilisation, la rotation des cultures sont autant de pratiques qui vous aideront à augmenter votre rendement de production (8).

Et les semences?

Analysez vos objectifs, votre budget et votre situation d’affaires. Selon le marché visé, le choix d’acheter des semences biologiques d’un producteur reconnu peut être la solution, et les bulbilles ou semences de France peuvent aussi être le meilleur choix. Choisissez la solution la mieux adaptés à vos besoins, tout en ayant conscience des avantages et inconvénients de chaque méthode de production.

Gardez à l’esprit qu’au Québec, les semences sans maladies bactériennes, fongiques, virales ou parasitaires (nématodes, teignes) n’existent pas (1).

Par contre, les semences certifiées biologiques existent et vous pouvez en acheter ici :

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En saison, commandez votre ail du Québec sur notre boutique en ligne ou achetez-le en magasin (l’ail en magasin peut aussi se planter!)

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Sources :

(1) Multiplication de l’ail à partir des bulbilles, Isabelle Couture, agr., MAPAQ Montérégie-Est en collaboration avec Luc Fontaine, agr., MAPAQ Estrie, Mario Leblanc, agr., MAPAQ Montérégie-Ouest et Jonathan Roy, agr.,MAPAQ Chaudière-Appalaches

(2) Échange de courriels reproduit avec l’autorisation de Mme Isabelle Couture, conseillère en horticulture maraîchère, MAPAQ

(3) Calculatrice de la taille de l’échantillon, SurveyMonkey

(4) Les normes françaises de certification, La filière française

(5) Qualité de la semence d’ail : briser les mythes!, Marie-Pascale Beaudoin, conseillère horticole MAPAQ et en agriculture biologique, Saguenay Lac Saint-Jean

(6) Semences du patrimoine (excellentes explications sur la culture par bulbilles)

(7) Nématode des bulbes et des tiges dans l’ail—Effets des traitements à l’eau chaude : les désirés … et les autres, Isabelle Couture, agr., MAPAQ Montérégie-Est en collaboration avec Luc Fontaine, agr., MAPAQ Estrie, Mario Leblanc, agr., MAPAQ Montérégie-Ouest et Julie Marcoux, dta MAPAQ Estrie

(8) Tout savoir sur l’ail!, Marie-Pascale Beaudoin, conseillère en horticulture MAPAQ

 

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